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La célébration du Maouloud, la compilation du Saint Coran et le « Salatout Tarawih » sont-ils des innovations

Posté par: Assane Bocar Niane| Dimanche 26 novembre, 2017 00:11  | Consulté 745 fois  |  0 Réactions  |   

« Aujourd'hui j'ai parachevé pour vous votre religion, j'ai complété mon bienfait sur vous et j'ai agréé pour vous l'islam comme religion. » (Sourate 5, verset 3) Ainsi ce serait prétentieux et abusif de vouloir y ajouter ou soustraire quoi que ce soit. L’islam est une religion complète, il n’a pas besoin d’être améliorée. De ce fait, Toute pratique qui relève d’une adoration, n’y a pas sa place, si elle n’existait pas à l’époque de Mouhammad (paix et salut sur lui).

Car aucune adoration n’est laissée à la discrétion du serviteur. D’ailleurs, il est formellement interdit à tout musulman d’inventer à sa guise une quelconque manière de servir son Seigneur. Allah, exalté soit-Il, dit : « Ou bien auraient-ils des associés (à Allah) qui auraient établi pour eux des lois religieuses qu’Allah n’a jamais permises ? » (Sourate 42 - Verset 21)

Cependant il faut comprendre que le sens du mot innovation ou « bida » en arabe suivant la convention des sciences islamiques est différent de son sens dans la langue arabe, française ou autres. C’est un mot qui s’appréhende différemment suivant le domaine où il est utilisé :

Sur le plan linguistique, son sens est indépendant de la religion. C’est là où l’innovation constitue une faculté essentielle de l’épanouissement de l’être humain sur terre. Elle est tout changement ou évolution s'inscrivant dans le domaine du progrès de l'homme dans son environnement atmosphérique ou planétaire. Elle peut correspondre à une réalité et une priorité existentielle de l’être vivant sur cette terre. Elle est, en ce sens, vivement encouragée par l’islam. Il s’agit des innovations dans le port vestimentaire de l'homme, dans ses moyens de transport, dans l'évolution scientifique et technologique...

Mais sur le plan religieux, son sens est lié strictement aux pratiques cultuelles. Il s’agit de toute forme d'adoration inventée dans l’islam après le décès du Prophète (paix et salut sur lui). En ce sens, elle est formellement interdite par le Messager d’Allah qui dit : « Celui qui accomplit un acte sur lequel il n'y a pas notre ordre alors cet acte sera rejeté. » Il poursuit : « … prenez garde aux choses nouvelles (dans la religion), car toute nouveauté est une innovation et toute innovation est égarement et tout égarement mène à l’enfer. »

Ainsi la célébration du Maouloud, la compilation du Saint Coran et le « Salatout Tarawih » sont-ils des innovations ?

Avant de répondre à cette question, sachons qu’il est facile d’émettre des invectives ou insultes, de traiter les gens de menteurs ou d’ignorants sans preuve. Evidemment, nul n’ose parler des sciences humaines s’il ne les maîtrise au préalable. Mais l’islam seul constitue un sujet libre que n’importe qui aborde sans le minimum d’initiation.

Concernant le Maouloud, il est commémoré pour la première fois au Caire, en Egypte, par Al-Muizz li-Dîn Allah, le quatrième Calife d’une dynastie chiite plus connue sous le nom de la dynastie des fatimides. C’est en l’an 362 de l’hégire que cette première célébration a eu lieu, presque 350 années après le décès du Prophète Mouhammad (paix et salut sur lui). Elle fut annulée en 490 de l’hégire avant d’être réinstaurée plus tard au septième siècle de l’hégire par le roi d’Erbil (dans la partie kurde irakienne). C’est une commémoration que le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) n’a mentionnée nulle part. Elle n’est pas célébrée non plus par ses Compagnons, ni par les musulmans sunnites des premiers siècles de l’Islam. Incontestablement, cela fait de cette fête une innovation ou « bida ».

Etant considéré comme une adoration, il n’appartient plus à un serviteur de le spécifier comme telle. Car Seul le Législateur c'est-à-dire le Seigneur de l’Univers, par le biais de son Messager (paix et salut sur lui) est Habilité à créer un acte d’adoration. Allah, exalté soit-Il, dit : « Ou bien auraient-ils des associés (à Allah) qui auraient établi pour eux des lois religieuses qu’Allah n’a jamais permises ? » (Sourate 42 - Verset 21)

En expliquant ce verset du Saint Coran, Ibn Taymiyya nous fait savoir ceci : « la base est que toute adoration est interdite sauf s'il se trouve un texte l'autorisant. » Ibn Outhaymin le confirme en disant : « il est interdit de faire quoi que ce soit dans l’adoration, si ce n’est en présence d’une preuve le permettant. » Bien entendu, cette preuve doit provenir impérativement du Livre de Dieu et de la sounnah.

Car le Prophète (paix et salut sur lui) déclara : « Celui qui innove dans notre affaire-ci (l’islam) une chose qui n'en fait pas partie, alors cette chose est rejetée. » Il poursuit : « Celui qui accomplit un acte sur lequel il n'y a pas notre ordre alors cet acte est rejeté. » Il dit encore : « Certes Allah a voilé le repentir de tout innovateur jusqu'à ce qu'il délaisse son innovation. »  

Chers frères et sœurs en islam, Allah, exalté soit-Il, nous expose ce rappel : « Cette communauté, la vôtre, est une seule communauté, tandis que Je suis votre Seigneur. Craignez-Moi donc. Mais ils se sont divisés en sectes, chaque secte exultant de ce qu’elle détenait. Laisse-les dans leur égarement pour un certain temps. (Sourate 23, versets 52, 53 et 54) »

Au sujet de la compilation du Saint Coran en un livre unique et celle des hadiths du Messager de Dieu que beaucoup de gens traitent d’innovations, il faut savoir qu’il ne s’agit pas là d’acte cultuel, c'est à dire lié à l'adoration. Donc ils ne peuvent être assimilés à des innovations au sens islamique ou « bida ». La compilation du Saint Coran en un livre, bien qu’elle représente une des actions les plus nobles que l’homme peut accomplir sur cette terre, constitue simplement un travail d’organisation et de méthode inhérent à l’existence humaine dans la vie d’ici-bas.

Un telle geste peut être similaire à une action pratique quelconque. Par exemple, devant une situation naturelle donnée, toute personne consciente utilisant sa raison est capable de mettre sur pied au moins une solution appropriée.

Ainsi quand beaucoup de compagnons du Prophète qui avaient mémorisé le Saint Coran périrent à la bataille d’Al-Yamâmah, Oumar (RA) demanda au Calife Abou Bakr (RA) de compiler le Saint Coran en un livre unique. Ce que ce dernier accepta à cause d’un souci de préserver la Révélation. N’est-ce pas une décision simple et logique ?

Et même si la compilation du Saint Coran en un livre unique et celle des hadiths du Prophète sont considérées comme une pratique religieux ou adoration, le prophète (paix et salut sur lui) ne nous a-t-il pas dit : « … celui d'entre vous qui vivra, assistera à beaucoup de divergences, ainsi accrochez vous à ma sounnah et à la sounnah des califes droits et biens guidés après moi… » qui sont sans équivoque Abou Bakr, Oumar, Ousmane et Ali (qu’ils soient agréés).

Enfin par rapport à la prière faite en assemblée durant les nuits du mois de ramadan appelée communément « Salatout Tarâwih » que certains musulmans considèrent comme une innovation, nous devons savoir que cette pratique n’est pas inventée après le décès de notre Bien-aimé, le Messager de Dieu (paix et salut sur lui), car c’est lui-même qui en est l’initiateur.

Boukhari et Mouslim (R) ont rapporté selon Aïcha (RA) : « (Une fois) le Prophète (paix et salut sur lui) sortit au milieu de la nuit, et pria dans la mosquée et des hommes suivirent sa prière. Le lendemain ces hommes en parlèrent (à d'autres) et ils se réunirent encore plus nombreux, il pria et ils prièrent avec lui. Le lendemain, ces hommes en parlèrent (encore à d'autres). Ainsi, dès la troisième nuit, ceux qui priaient dans la mosquée devinrent (encore) plus nombreux. Puis le Prophète (paix et salut sur lui) sortit, et ils suivirent sa prière. Et à la quatrième nuit, la mosquée fut débordée de gens qui priaient jusqu'à ce que le Prophète sorte pour la prière du matin. Lorsqu'il finit (la prière de) l'aube, il prononça la Chahada et dit : « En effet, votre présence ne m'était pas cachée (je savais que vous m'attendiez pour la prière de nuit), mais je crains qu'elle ne vous soit obligatoire et que vous en soyez incapable. »

Mais cela n’empêche que ses Compagnons continuaient à l'accomplir séparément durant sa vie.

Après son décès, sachant qu’aucune pratique qui n’était pas obligatoire de son vivant ne pourra jamais le devenir, le Calife Oumar (RA) regroupa les musulmans qui priaient séparément dans la mosquée derrière un imam. Voilà pourquoi cette prière faite en assemblée durant les nuits du mois de ramadan ne peut être considérée comme une innovation ou « bida ».

En définitive, Al Irbad Ibn Sariya (RA) raconte : « le Prophète (paix et salut sur lui) nous a fait une exhortation éloquente qui a fait frémir nos cœurs et qui a fait pleurer nos yeux. Nous dîmes : Ô messager d'Allah, c'est comme s’il s'agissait d’une exhortation d’adieux, donne nous donc des conseils. Le Prophète (paix et salut sur lui) dit : « Je vous conseille la crainte d'Allah, d'écouter et d'obéir même si un esclave abbyssin prend de force le pouvoir sur vous. Et certes celui d'entre vous qui vivra, assistera à beaucoup de divergences, ainsi accrochez vous à ma sounnah et à la sounnah des califes droits et biens guidés après moi. Et prenez garde aux chose nouvelles (dans la religion), car toute nouveauté est une innovation et toute innovation est égarement ». Dans une autre version, il dit : « … et tout égarement mène à l’enfer. »

Dans le verset 31 de la sourate la Famille d’Imran, Allah, exalté soit-Il, s’adresse au Prophète (paix et salut sur lui) en lui donnant cet ordre : « Dis ! » c'est-à-dire parle aux musulmans en leur précisant : « Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi (Mouhammad), Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés… »

Dans ce verset, on constate que la condition d’Amour et de Pardon de notre Seigneur, pour nous serviteurs, réside dans notre ferme détermination de nous conformer à la Sounnah. Ce qui se traduit par une imitation rigoureuse et fidèle du Messager d’Allah (paix et salut sur lui).

Pour celui qui ne comprend pas bien, sache que suivre la sounnah consiste simplement à connaître clairement la personnalité du Prophète Mouhammad (paix et salut sur lui), « l’obéir dans tout ce qu’il a ordonné, de croire à toutes les choses qu’il nous a informées, de s’écarter de tous les interdits contre lesquels il nous a mis en garde et de n’adorer Allah que par ce qu’il a légiféré. Telles sont les conditions nécessaires à remplir pour toute personne prétendant vouloir honorer le prophète. »

Notre dernière invocation est qu’Allah, le Seigneur de l’Univers, soit loué et que la paix et le salut soient sur notre Prophète Mouhammad, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection.

Assane Bocar NIANE

Parcelles Assainies, Dakar

assanebocarbaydi@yahoo.fr

 L'auteur  Assane Bocar Niane
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